C Critique

Art Contemporain

La machine à voir de Jules Spinatsch – à propos d’un statut du documentaire en art

Critique d'art

En une trentaine d’œuvres de formats et de supports variés – photographies panoramiques, installations, tableaux photographiques, affiches et livres –, le photographe Jules Spinatsch témoigne de son ambition de poser un regard sur le paysage social contemporain et d’explorer les régimes de représentations permis par ce qu’il désigne comme une attitude post-photographique.

Les visual studies situent volontiers un documentary turn dans le courant des années 90 dans le champ des arts, et des arts visuels en particulier. En tenant à bonne distance la propension historiciste qui accompagne souvent ces modes de pensées académiques, il n’en est pas moins fécond d’interroger cette hypothèse d’un tournant documentaire. De s’en saisir comme d’un symptôme situé et actuel pour toutes les écritures photographiques et filmiques, autant que comme une tendance longue affectant le champ de l’art.

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Un tel axe d’analyse rapporté à la pratique de la photographie comme langage de l’art est productif, porté par une longue production d’écrits comme, pour aller très vite, ceux de Susan Sontag, ceux d’Olivier Lugon sur le style documentaire, par les textes et réflexions d’artistes comme Alan Sekula, par de nombreuses expositions et programmes, tels les documenta 10 et 11, en 1997 et 2002.

Le programme d’exposition et de discussions fédéré sous le titre

Christophe Domino

Critique d'art, Commissaire d'expositions et enseignant