O Opinion

Politique

L’ombre de la République – à propos de la reconnaissance du crime d’État sur Maurice Audin

Psychologue clinicienne et psychanalyste

La reconnaissance par Emmanuel Macron de la responsabilité de l’État français dans la mort de Maurice Audin constitue un tournant mémoriel. Avec ce geste, la colonisation sort de l’ombre : le voile est levé sur son rôle dans la construction de la république.

L’histoire coloniale s’invite dans notre actualité à travers la restitution mémorielle d’un crime d’État sur Maurice Audin. Trois générations ont été nécessaires pour commencer à amoindrir le travail des censures et le silence qu’ils instaurent. L’admission, de ce fait historique au registre des mémoires sur la question coloniale, ne relève pas d’une question de volonté mais la dépasse. Les mécanismes qui ont fait tenir la colonialité comme système politique visaient deux dimensions : l’effacement des crimes et des destructions et sa persistance dans le temps.

La disparition et l’effacement ont été les maîtres d’œuvre de la colonisation française en Algérie et ils concernent aussi bien lesdits colons que lesdits colonisés. Nul statut d’exception sur ce point mais un trait partagé par tous les membres de la colonialité, et, peut-être, d’ailleurs, le seul. En effet, avec et malgré les indépendances et les séparations d’avec la colonie, effacement et disparition continuent à agir sur les récits, les mémoires et ...

Karima Lazali

Psychologue clinicienne et psychanalyste