O Opinion

Enseignement supérieur

Pour attirer les étudiants étrangers, le gouvernement veut… les faire fuir

Universitaire et responsable politique

Le Premier ministre vient d’annoncer le décuplement des frais de scolarité des étudiants étrangers. Injustice faite aux étudiants ressortissants des pays les plus pauvres, coup porté au dynamisme de l’enseignement et de la recherche en France, ce projet emporte avec lui une réforme encore plus radicale : comment ne pas penser qu’après les étrangers viendra le tour de tous les étudiants, avec pour conséquence le renoncement aux études supérieures pour les plus démunis ou un surendettement massif pour ceux qui persisteraient ?

À les entendre, nous pourrions penser que le président de la République et son Premier ministre, qui se piquent d’être des gens de lettres, ont, récemment, décidé d’apprendre aux Françaises et aux Français à maîtriser toutes les subtilités de la rhétorique. Après le pseudo mea-culpa du premier dans lequel il nous expliquait qu’il n’avait « pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants », nous donnant ainsi une magnifique illustration de l’« euphémisme » (ainsi que le notait Cécile Alduy sur Twitter).

publicité

C’est en effet le Premier ministre qui, lundi, semblait vouloir nous faire goûter toutes les subtilités de l’« antilogie », cette figure de style qui mobilise dans une même phrase ou un même texte, une contradiction ou incompatibilité entre deux idées ou deux opinions. N’affirmait-il pas vouloir : ...

Isabelle This Saint-Jean

Universitaire et responsable politique, Professeure à l'université Paris 13, membre de la Direction collégiale et secrétaire nationale du PS