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Politique

La violence du centre

Philosophe

Souvent attribuée en politique aux extrêmes, la violence n’est pourtant pas absente au centre. Plusieurs accusations de violences – sociales, linguistiques et policières – ont ainsi déjà émaillé le mandat d’Emmanuel Macron et s’exacerbent aujourd’hui à l’occasion du mouvement des « gilets jaunes ». Mais ce que révèle également ce dernier, c’est le rôle démesurément centralisateur du centre au niveau national, qui creuse un fossé entre l’État et ses territoires.

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Le centre politique n’est qu’en apparence un modèle de modération situé entre gauche et droite. Les précédents historiques le montrent : celui des Républicains opportunistes puis radicaux au cours de la IIIe République, impliqués dans de vastes scandales financiers (donc celui du canal de Panama), ou dans la répression sans ménagement des grèves ouvrières (en 1906 par Clémenceau) ; celui de la Démocratie chrétienne en Italie, au destin semblable. Ce centre-là absorbe la gauche et la droite, annule leur opposition, si bien qu’il occupe tout le champ de la légitimité politique entre les extrêmes et n’a plus de contre-pouvoirs efficaces. Alors qu’on a pu brièvement penser que ...

Jérôme Lèbre

Philosophe, directeur de programme au Collège International de Philosophie