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Éducation

Pour une éthique du professeur

Professeur de philosophie

Ce n’est pas chose de peu que de devenir professeur de l’École de la République. Alors, pourquoi ne pas doter la profession d’une charte publique de déontologie, voire, créer à l’image de la médecine, un « serment de Socrate » ? Car dans l’enseignement, l’éthique est exigeante. Elle impose une vertu de justice basée sur le respect de la légalité et le souci de l’équité, une éthique de la présence et des rapports emprunts de bienveillance et de tact.

La première vertu éthique du professeur est sans aucun doute la vertu de justice parce qu’elle est reconnaissance des droits et des mérites. Il faut envisager la justice selon deux perspectives distinctes car le professeur peut se rapporter à l’élève de deux manières différentes. Tout d’abord, il se rapporte à l’élève en tant qu’il est un sujet de droits. Il y a des droits de l’enfant, il y a maintenant des droits de l’élève. Or, en tant qu’il se rapporte à des sujets de droits, le maître juste respecte les textes, il n’est pas au-dessus du droit.

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Ce n’est pas du formalisme mais l’assurance donnée que tous les élèves seront traités de la même manière, dans le respect de leurs prérogatives, même quand ils seront sanctionnés. Car il arrive parfois que les élèves fassent des bêtises. Être juste, c’est déjà respecter la légalité. Or, l’enseignant ne s’adresse pas seulement à des élèves-sujets de droits qui, saisis sous cet angle, se ressemblent ...

Eirick Prairat

Professeur de philosophie, Professeur de philosophie de l’éducation à l’Université de Lorraine