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Éducation

La colère gronde et enfle dans les amphis et les labos

Universitaire et responsable politique

La colère qu’expriment aujourd’hui les enseignants-chercheurs a des racines profondes, qui plongent bien au-delà des inquiétudes spécifiques sur la réforme des retraites. Elles touchent au cœur du pouvoir, resté sourd aux alertes lancé ces dernières années, et qui continue aujourd’hui de porter une idéologie et des réformes faisant de la mise en concurrence systématique des individus, des équipes et des établissements, le principe unique et ultime de l’efficacité.

La colère gronde et enfle dans les amphis et les labos. Une colère qui, comme dans tout le pays, a des racines « profondes » (si l’on ose encore utiliser ce terme dont abuse le Président de la République et ses partisans pour tenter de masquer le vide sidéral de leurs argumentaires et qui ne révèle finalement rien d’autre que la profondeur de leurs a priori idéologiques).

Bien sûr la réforme des retraites agit comme un révélateur. Comment pourrait-il en être autrement lorsque l’on sait qu’un sextuor infernal dessine ici des perspectives bien sombres pour les personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur ?

1 – En effet, comme tous les fonctionnaires, ils ont subi un gel presque complet du point d’indice depuis dix ans (soit une baisse estimée à 16% des pensions) que le gouvernement vient de prolonger jusqu’en 2022, comme s’il souhaitait jeter de l’huile sur le feu.
2 & 3 – Par ailleurs les difficultés financières des établissements et la crise de l’emploi scientifique qui en résulte se sont traduites par un recul marqué de l’âge de recrutement sur un poste stable (plus de 34 ans déso...

Isabelle This Saint-Jean

Universitaire et responsable politique, Professeure à l'université Sorbonne Paris-Nord, membre de la Direction collégiale et secrétaire nationale du PS