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Société

De l’existence du décolonialisme

Politiste

Et si, au lieu de dénoncer la soi-disant hégémonie de la pensée décoloniale au sein de l’université française, on prenait soin d’analyser les questions que pose le décolonialisme, ne serait-ce que parce qu’elles se nourrissent largement de l’occultation de notre passé esclavagiste et colonial, mais avant tout parce que la critique décoloniale constitue une remise en cause radicale de l’idée même d’universel. Et qu’à ce titre elle constitue une mauvaise réponse à la discrimination et à la stigmatisation que subissent les populations dites racisées.

Depuis plusieurs mois, des organes de presse, notamment Marianne et Valeurs actuelles, et des intellectuels médiatiques, au nom de la défense de « notre » laïcité, se font une spécialité de dénoncer l’hégémonie de la pensée décoloniale au sein de l’université française. Il s’agit pourtant d’un mythe dont la fonction, en définitive, est de refuser d’examiner sereinement la crise du modèle républicain à la française et, surtout, d’instiller dans l’opinion l’idée d’une irrémédiable séparation entre « Eux » et « Nous ».

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Il serait plus opportun d’analyser les questions que pose le décolonialisme, ne serait-ce que parce qu’elles se nourrissent largement de l’occultation de notre passé esclavagiste et colonial, mais avant tout parce que la critique décoloniale constitue une remise en cause radicale de l’idée même d’universel. Elle constitue donc une mauvaise réponse à la discrimination et à la stigmatisation que...

Alain Policar

Politiste, Chercheur associé au Cevipof