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Société

Penser le territoire à l’heure de l’Anthropocène – à propos
des « communs négatifs »

Philosophe

Que signifie vivre dans une ville devenue hostile à la vie elle-même ? C’est l’expérience que font les habitant de Centreville, une petite commune pauvre de l’Illinois aux États-Unis, laissée à elle-même, qui a connu une lente et profonde dégradation. Une situation que nous devons considérer comme potentiellement la nôtre, tant elle incarne la menace qui pèse sur nos territoires. À l’heure de l’Anthropocène, les communs sont et seront en effet constitués de terres polluées, de rivières épuisées, de sols desséchés et d’infrastructures en décomposition : des « communs négatifs » en somme.

La petite ville de Centreville aux États-Unis, située dans l’État de l’Illinois, et plus précisément dans le comté de Saint-Clair, est depuis plusieurs mois le théâtre d’appels à l’aide émanant d’une partie de sa population, qui ont fini par se transformer en mouvement de protestation. Ce territoire a en effet connu une lente et profonde dégradation de ses conditions d’existence au point de devenir, au fil des années, hostile à la vie elle-même.

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Les témoignages abondent pour décrire les maux dont souffrent les habitants de Centreville, l’une des villes les plus pauvres des États-Unis : sols qui s’effritent ou s’effondrent, emportant avec eux les murs des habitations, eaux usées qui ne sont plus évacuées, inondations récurrentes, moisissures tenaces et odeurs infernales. La ville a tout d’un territoire de cauchemars, abritant un mal à la fois endémique, omniprésent et invisible.

Il prend ainsi des accents ...

Alexandre Monnin

Philosophe , Directeur scientifique d’Origens Media Lab et professeur à l'ESC Clermont Business School