Covid-19, T2A et « patients bloquants » : les oubliés des urgences
Il y a un peu plus d’un an, l’hôpital se réorganisait autour d’une seule maladie. L’omniprésence sanitaire et médiatique de la Covid-19 a semé un vent de panique dans toutes les structures de soins. Un vent qui ne retombe pas. Les directions hospitalières ont été sommées d’accueillir tous les malades du coronavirus.
Quoi qu’il en coûte.

Des filières de soins spécifiques pour les patients contaminés ont été mises en place. Des services dédiés à la prise en charge du coronavirus ont été créés. Des millions de dépistages ont été réalisés pour les patients hospitalisés. Des centaines de milliers d’interventions chirurgicales et d’hospitalisations programmées ont dû être repoussées [1]. Au plus fort des périodes de saturation des services de réanimation, des patients ont été transférés à travers toute la France. Au final, on peut dire aujourd’hui que les malades atteints de la Covid-19 ont été, dans leur grande majorité, pris en charge. Fort bien.
Pourtant, cette satisfaction est toute relative. Durant plusieurs mois avant cette épidémie, les soignants de l’hôpital public étaient mobilisés comme jamais ils n’avaient été auparavant. Médecins, aides-soignants, infirmiers, manipulateurs radio, sages-femmes et bien d’autres travailleurs du soin sont dans la rue pour dénoncer l’insuffisance de moyens alloués à l’hôpital public depuis des décennies. Une insuffisance qui ne cesse de s’aggraver d’année en année. L’hôpital public manque de lits et de soignants.
Rappelons à cet égard la démission symbolique de leur fonction administrative de 1 400 médecins praticiens hospitaliers, le 14 janvier 2020. Ce geste se veut l’aboutissement d’un mouvement de protestation débuté neuf mois plus tôt au sein de services d’urgences parisiens. Sur une banderole de manifestants, on a pu lire cette annonce prophétique : « L’État compte les sous, on va compter les morts. »
En janvier 2021, alors que la deuxième vague épidémique déferlait sur notre pays, les médecins urgentistes devaient
