Avoir 20 ans sous Macron
« J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie »
(Paul Nizan, Aden Arabie, 1931)
Force est de constater que les deux mandats du président Macron ont inexorablement donné une portée et une actualité nouvelles au célèbre propos de Nizan, édifiant peu à peu un monument de mépris, de peur et de violence contre la jeunesse, que rien ne semble aujourd’hui ébranler.

Car avoir 20 ans sous la présidence d’Emmanuel Macron, c’est :
Entendre le président rétorquer « tu m’appelles Monsieur le Président » à un adolescent qui lui demandait « ça va Manu ? » (18 juin 2018)
Entendre le président dire à un jeune chômeur qu’il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi (15 septembre 2018)
Entendre un préfet de la République, Pierre Pouëssel, annoncer l’entrée en vigueur du confinement contre le Covid en avertissant les jeunes que « la bamboche, c’est terminé » (22 octobre 2020)
Entendre un ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, proposer d’introduire le port de l’uniforme scolaire pour « renforcer la cohésion entre les élèves », « améliorer le climat scolaire » et « lutter contre le règne de l’apparence » (sic) (décembre 2023)
Entendre le même, devenu Premier ministre, annoncer à l’intention de la jeunesse dans son discours de politique générale « Tu salis, tu nettoies, tu casses, tu répares » (20 janvier 2024)
Entendre l’épouse du président qualifier des militantes féministes de « sales connes » (11 décembre 2025)
Entendre toujours le même Gabriel Attal, désormais candidat, et dont le site de campagne assure qu’il « est le seul candidat à aller au contact de la jeunesse », réclamer un référendum pour l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans (août 2026) alors que depuis février, le président s’interroge sur une possible interdiction des jeux vidéo
Entendre, toujours à l’Assemblée, un autre premier ministre, Sébastien Lecornu, considérer que « brûler un lycée n’améliore pas la situation bâtimentaire de
