Les magistrales leçons des lycéen·ne·s
« La France de la défaite aura eu un gouvernement de vieillards. Cela est tout naturel. La France d’un nouveau printemps devra être la chose des jeunes. »
Marc Bloch, L’Étrange défaite, 1940
«Il est désormais le moment de choisir son camp. Soit on est dans le camp de la République, et donc des forces de l’ordre et celles et ceux qui protègent les biens et les personnes et qui appliquent les lois, soit on est du côté des casseurs, soit on est du côté de celles et ceux qui ont un projet violent contre la République » (Sébastien Lecornu, 17 octobre 2026).

Avant même la révélation, par Mediapart, du scandale d’État que constitue l’imputation à LFI des dégradations matérielles commises en marge des manifestations du 17 octobre, la portée de cette déclaration du Premier ministre de la République, Sébastien Lecornu, ne doit pas être sous-estimée.
Une leçon d’arithmétique : de l’art de compter jusqu’à trois
En exigeant une allégeance inconditionnelle à l’État et à ses forces de police, elle instaure un espace dual qui fait de tout désaccord politique un signe de déloyauté, voire de trahison. Ce mécanisme est bien connu : le conflit social cesse d’être pensé selon une logique agonistique, dans laquelle des adversaires se disputent au sein d’un monde commun, pour être reconstruit selon une logique antagoniste qui oppose les partisans de l’ordre à ceux qui en seraient les ennemis.
C’est même une vieille recette, utilisée par des personnalités dont ne se réclame pourtant guère le gouvernement actuel. Lorsque l’unité de la République est menacée, affirmait Robespierre, il faut rassembler les forces sociales encore saines afin d’éliminer les éléments jugés corrompus ou insalubres. Pour ce faire, il faut délaisser les lents atermoiements de la politique et « remoraliser le peuple » en recourant à l’alliance prompte, sévère et inflexible, de « la vertu, sans laquelle la terreur est funeste, et de la terreur, sans laquelle la vertu est impuissante[1] ». C’est donc reparti
