Société

Présidents des universités, personnels administratifs et enseignants : ne choisissez pas le camp autoritaire

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Couvre-feux, interdictions de manifester, campus fermés, grenades tirées sur des lycéens : depuis un mois, l’exception se gouverne arrêté par arrêté, et le juge administratif l’accompagne plus qu’il ne la freine. Présidentes et présidents d’université, agents publics : c’est aussi à vous de refuser.

Depuis la fin septembre, la mobilisation lycéenne, puis le mouvement contre la vie chère, ont reçu une réponse surtout réglementaire et répressive. Le 7 octobre, le préfet de police interdit le port d’« équipements de protection » à cent mètres des lycées et des établissements d’enseignement supérieur de Paris et de la petite couronne ; la préfète de l’Hérault l’avait fait dès le 1er octobre, le préfet de Seine-et-Marne le fait le 9.

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Après le 17 octobre viennent les couvre-feux : à Paris et à Lyon pour tout le monde, à Denain d’abord pour toute la population, à Perpignan pour tous les mineurs de la commune, à Avignon et Cavaillon pour les mineurs dès 18 heures. Puis les interdictions de manifester, à Montpellier, à Besançon, à Rennes. Ce samedi, à Paris, le cortège est relégué sur les boulevards des Maréchaux.

Un mois d’arrêtés

Ces mesures ne font pas qu’encadrer : elles empêchent. On gaze des lycéens, parfois par un tir tendu au visage, que les règles d’emploi interdisent ; à Toulouse, le 13 octobre, près d’écoles élémentaires dont les enfants ont dû être confinés. Et dans le même temps, on interdit à ces jeunes de porter le casque, les lunettes ou le masque qui les protégeraient. Interdire de se protéger de la force qu’on emploie, c’est empêcher de manifester sans avoir à l’interdire.

L’université n’y échappe pas. Fermetures administratives à Lille, en Artois, à Pau, à La Rochelle, à Rouen, à l’ENS, à l’UPEC, à Sorbonne Paris Nord, dont l’arrêté du 12 octobre invoque un risque de « débordement et d’aggravation des troubles » alors que les personnels n’y constatent ni occupation ni dégradation ; à Sciences Po Paris, le 7 octobre, les forces de l’ordre lèvent le blocage en quelques heures ; bascule de tous les enseignements à distance, encouragée par une circulaire du ministre de l’Enseignement supérieur du 13 octobre selon laquelle les enseignements « peuvent notamment avoir lieu à distance ». La fermeture administrative peut ainsi devenir une technique d


Yanisse Benrahou

Juriste, doctorant en droit public à l'Université Paris Nanterre

Melissa Paulet

juriste, maîtresse de conférences à l'Université de Lille

Riccardo Fornasari

juriste, maître de conférences à l'Université Paris Dauphine-PSL

Marie Cariou

juriste, maîtresse de conférences en droit à l'Université Marie et Louis Pasteur

Sophia Ayada

juriste, chargée de recherche au CNRS

Clément Lanier

juriste, doctorant en droit public et attaché temporaire d\'enseignement et de recherche à l\'Université Paris Nanterre

Zoé Berger

juriste, doctorante en droit public au Centre de théorie et analyse du droit de l'Université Paris Nanterre et à l'École de droit de l'Université de Mons (UMONS)

Baptiste Allard

juriste, maître de conférences en droit privé à l'Université Le Havre Normandie