Bâtir l’École unificatrice de la République
Il y a une École en France et 12,5 millions d’élèves. Les destins de ces élèves sont étroitement liés. Ils pourraient être des destins communs d’émancipation par le haut. Ils sont aujourd’hui des destins de stagnation et de promesses déçues. L’École française s’est spécialisée dans la course aux parcours d’initiés, qui distinguent et qui protègent.

Pour celles et ceux qui en sont exclus, l’École de la République tient mal sa promesse d’être le lieu de la réussite, de l’autonomie et de l’épanouissement. Et même ceux qui les empruntent sortent désormais perdants – bien qu’ils n’en aient pas conscience – d’un système scolaire qui trie trop précocement sur des bases socioéconomiques et fragilise, ce faisant, sa capacité à élever le niveau de tous.
À l’échelle individuelle, le poids du déterminisme social dans l’école française bouche chaque année l’avenir de milliers d’enfants, singulièrement ceux des milieux populaires. L’origine sociale creuse les inégalités à chaque étape de la scolarité[1]. À l’échelle collective, l’économie est ralentie par cette école du tri social. La démonstration a été faite par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). L’ampleur atteinte par les inégalités scolaires menace le niveau d’ensemble des élèves. Or une augmentation du score moyen aux évaluations PISA des élèves français (à un niveau correspondant au score moyen des dix pays de l’OCDE les plus performants en compréhension de l’écrit, en culture scientifique et en culture mathématique) augmenterait la productivité de notre pays de 2,7 %[2]. Autrement dit, l’amélioration des résultats scolaires pourrait aider à relancer la croissance potentielle de la France.
Bâtir l’École unificatrice de la République est un projet porteur d’une ambition : offrir à l’ensemble des élèves de France les moyens de leur émancipation scolaire, et donc de leur émancipation sociale. Ce projet repose sur un préalable : s’accorder sur le fait qu’à l’École de la République, ce
