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Afrique

Le serpent sécuritaire du Sahel

Politiste

Réuni ce mardi à Niamey (Niger), le G5 Sahel a annoncé pour mars la mise en œuvre de sa force conjointe de lutte contre le terrorisme. Mais prétendre combattre à la fois le « terrorisme » et l’ « immigration clandestine », c’est inéluctablement se condamner à renforcer et l’un et l’autre.

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Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, en 2007, la France a réduit sa politique à l’égard du Sahel à une double lutte, aussi illusoire que celle de Don Quichotte contre les moulins : lutte contre l’immigration, lutte contre le terrorisme. Au mieux, c’est confondre deux symptômes avec le problème. Au pire, cela revient à prendre pour argent comptant des trompe-l’œil.

Faute de mise en perspective, l’on s’interdit de voir que les politiques poursuivies depuis plusieurs décennies, tant par la France que par ses partenaires européens, les États-Unis et les institutions internationales, ont une responsabilité écrasante dans les dérèglements que l’on déplore. En particulier, les programmes d’ajustement structurel d’inspiration néolibérale, mis en œuvre à partir des années ...

Jean-François Bayart

Politiste, Professeur à l'IHEID de Genève titulaire de la chaire Yves Oltramare "Religion et politique dans le monde contemporain"