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International

Poutine ou l’autoritarisme de l’État de puissance

Politiste

Loin d’être l’État de droit autoproclamé qu’elle prétend, la Russie apparaît dépourvue de société civile et livrée aux mains du réseau d’un petit groupe de dirigeants du plus haut rang évoluant dans des sphères d’activité différentes. La réélection de Poutine permet de mieux comprendre la nature du régime qu’il dirige de manière autoritaire : un État de puissance.

Le 18 mars 2018 Vladimir Poutine a été réélu, pour six ans, président de la République fédérale de Russie. Son élection a été fixée ce jour-là pour qu’elle coïncide avec le 4e anniversaire de l’annexion de la Crimée : le rattachement, né d’un coup de force armée, de cette partie de l’Ukraine à la Russie fut en effet ratifié par Poutine le 18 mars 2014. Le président de la Russie considère qu’il s’agit d’un de ses plus grands succès et il a prononcé dimanche son discours de victoire électorale au cours d’une fête destinée à célébrer l’événement. Il y a pavoisé en appelant à « l’unité » et au travail en commun à la façon d’une « équipe ».  Et le lendemain, le lundi 19, il a invité les autres candidats à une réunion où ils sont tous rendus pour s’entendre dire qu’il fallait s’occuper du « niveau de vie »  des Russes sans oublier l’importance de la défense.

Dominique Colas

Politiste, Professeur à Sciences Po