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Politique

Petit bilan du Grand Débat National

Politiste

Dans l’attente des réponses concrètes d’Emmanuel Macron à la crise des « gilets jaunes », Édouard Philippe a présenté une première synthèse des contributions au Grand Débat National. Avec 16 000 cahiers de doléances, 1 932 881 contributions en ligne et 10 452 réunions d’initiatives locales, les Français s’en sont largement emparés. Toutefois, le débat promis a pris des airs de monologue et l’absence de hiérarchisation du flot de contributions invisibilise les propositions les plus plébiscitées et garantit au gouvernement de conserver la main sur ce qui en ressortira.

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Faisant face à un mouvement de contestation d’une ampleur inédite, dont la principale revendication est l’instauration d’un mécanisme de démocratie directe, le gouvernement a mis en place un Grand Débat National (GDN). Ce dernier venant de se terminer, il est temps d’en faire le bilan et de distinguer en trois catégories les nombreuses critiques dont ce Grand Débat a fait l’objet : son organisation, sa portée, et son usage politique.

La participation par monologues ou l’absence de débat

L’organisation du GDN a souffert de divers problèmes. Tout d’abord, la précipitation avec laquelle il a été lancé, ainsi que

Dimitri Courant

Politiste, Doctorant à l’Université de Lausanne et à l’Université Paris 8