A Analyse

Politique

Europe : du « populisme » au nativisme

Politiste

En Europe, l’orientation du populisme est à chercher du côté du nativisme. Son ressort plonge dans les pathologies qui y rongent la démocratie représentative : les frustrations nées de la question des frontières y redoublent celles liées au resserrement de l’éligibilité. Avec pour effet un discrédit croissant du mandat parlementaire et d’une notion pourtant centrale : celle de la représentativité.

publicité
« Nous devons reconnaître, pour maîtres des mots,
ceux qui savent en abuser, et ceux qui savent en user
mais ceux-ci sont les rois des langues, et ceux-là en sont les tyrans. »
Joseph Joubert, Pensées

 

Le populisme a « mauvaise presse » en Europe. Sollicité sans vergogne, le mot s’est littéralement vidé de son sens. En cause : la sphère médiatique qui, après l’avoir importé des milieux académiques, l’a réduit, depuis une dizaine d’années, à un usage purement polémique. Le populiste ? C’est le démagogue, l’irresponsable, le leader sans scrupule,...

Olivier Ihl

Politiste, Professeur de Science Politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble