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International

Chili : du malaise à la radicalité de la protestation sociale

Sociologue, Politiste

Comment le Chili, bon élève de l’Amérique latine en ce qui concerne le nombre et la radicalité des épisodes contentieux, véritable « oasis », selon le mot de son Président quelques jours avant l’explosion, s’est-il retrouvé plongé au cœur d’un tel épisode protestataire, impressionnant tant par son volume que par son niveau de conflictualité ? Du malaise au « moment constitutionnel », une tentative d’analyse du « réveil du peuple » chilien.

Les violentes protestations sociales qui ont éclaté au Chili au mois d’octobre dernier ont surpris tout le monde : hommes politiques et hommes d’affaires, mais aussi organisations sociales établies, partis politiques, gouvernants et gouvernés, ainsi que l’opinion publique internationale. La surprise tire son origine du caractère « exemplaire » du modèle économique chilien, de loin l’un des plus « néolibéraux » du monde[1], véritable joyau de la couronne, secoué désormais par une vague de protestations sociales qui mettent à l’épreuve la stabilité politique du Chili et ses institutions étatiques, avec une forte remise en cause de la Constitution héritée de la dictature (1973-1990) dont le rôle garant et de reproduction du modèle néolibéral a maintes fois été souligné.

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Afin de bien comprendre la portée de cette vague de protestations sociales, il faut prendre la mesure d’un ensemble de signes avant-cou...

Mauro Basaure

Sociologue, Chercheur associé au COES, professeur titulaire à l’Université Andrés Bello

Alfredo Joignant

Politiste, Chercheur principal au COES, professeur titulaire à l’Université Diego Portales