A Analyse

Santé

Réforme de l’Aide médicale d’État : un débat politisé (2/2)

Médecin

Si les études démographiques démontrent que la migration pour raison de santé est un motif marginal, l’enjeu politique a remis cette question sur le devant de la scène. Le gouvernement a ainsi fait début novembre des annonces qui, au nom de situations problématiques réelles mais marginales, prennent le risque d’une remise en question globale de l’accès aux soins des personnes migrantes.

En France, l’Aide médicale de l’État (AME) fait l’objet d’attaques politiques répétées, certains députés appelant à sa suppression pure et simple, là où d’autres personnalités politiques, des ONG et des soignants engagés auprès des migrants en situation de précarité appellent à sa défense en l’état voire, mieux, à son intégration au sein de l’Assurance maladie afin de faciliter les parcours de soins.

publicité

Les annonces récentes du gouvernement reflètent cette dualité de sauvegarde du dispositif en cédant sur certains points aux détracteurs de l’AME. Elles semblent vouloir répondre à la fois à ces appels politiques de remise en question de l’AME en la mettant à l’agenda politique, tout en promettant son maintien pour la santé publique au prix de contrôles renforcés de son accès et d’une analyse approfondie de son efficacité et éventuels détournements.

À cette fin, une mission a été confiée en juin à aux Inspections générales des affaires sociales (IGAS) et des finances (IGF) pour faire le point sur l’AME. Les

Nicolas Vignier

Médecin, Praticien hospitalier, Chercheur associé à l'équipe de recherche en épidémiologie sociale (Iplesp-Inserm-Sorbonne Université), Institut Convergences et Migration