Serge Kaganski

Journaliste, Critique de cinéma

Serge Kaganski est un journaliste né en 1959 . Critique de cinéma aux Inrockuptibles de la création du magazine en 1986 jusqu’en 2018, il est aujourd’hui journaliste indépendant.

 

Ses publications sur AOC

mercredi 20.05.20

Critique

Au revoir Monsieur Dame – à propos de Michel Piccoli

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Michel Piccoli est mort à l’âge de 94 ans. Immense et humble, sa longue marche à travers le cinéma et le théâtre lui aura permis de faire un bout de chemin avec presque tout le monde. Comment cerner l’acteur qui s’est coulé dans tant de territoires, de visions, de budgets, de genres différents, en restant toujours lui-même, préservé, intact ? Peut-être est-ce là que réside le génie de Piccoli, cette manière de pouvoir exceller dans tous les cinémas, sans jamais devenir réductible à l’univers de l’un ou de l’autre. On réalise alors qu’on vient de perdre le plus grand acteur français. Il s’appelait Piccoli mais était gigante.

mardi 24.03.20
mercredi 26.02.20

Critique

Eaux profondes – sur Dark Waters de Todd Haynes

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Avec Dark waters, Todd Haynes offre un récit inspiré de faits réels, celui de la mobilisation de citoyens contre DuPont, géant américain de l’industrie chimique accusé de polluer les eaux. Par son propos politique beaucoup plus marqué que dans ses précédentes œuvres, Dark waters constitue une véritable novation dans la carrière du cinéaste, sans renoncer à l’esthétique ciselée par laquelle il se distingue, qui vient, ici encore, souligner la finesse de son regard sur la complexité de nos sociétés.

mardi 11.02.20

Critique

La double-vie d’un film – sur Plogoff, des pierres contre des fusils de Nicole Le Garrec

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Revoir aujourd’hui le documentaire de Nicole Le Garrec, c’est à la fois réaliser la distance qui nous sépare de ces années 1980, et leur indéfectible actualité : à Plogoff, sur la pointe du Raz, la population locale, opposée à l’installation d’une centrale nucléaire, confronte ses pierres aux fusils des CRS. Rappelant à bien des égards nos Gilets jaunes, le film permet de réfléchir, sur le temps long, la nécessité – et la vertu – des luttes d’un instant T.

mercredi 22.01.20

Critique

La hantise du bourreau – sur La Llorona de Jayro Bustamante

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Avec La Llorona, Jayro Bustamante nous plonge dans les sombres années de la dictature militaire au Guatemala. En ancrant son point de vue du côté d’un général qui a participé au massacre des populations Maya, le cinéaste réactualise la vieille légende mexicaine du spectre de la mère endeuillée qui erre chaque nuit à la recherche de ses enfants morts. Un thriller politique, à la limite du fantastique, qui fait ressurgir les fantômes et introduit la peur dans le camp des bourreaux.