A Analyse

Société

L’humanité habite le Covid-19

Géographe et Urbaniste

Phénomène à la fois 100% biologique et 100% social, le Covid-19 modifie notre regard sur un certain nombre de réalités mais aussi ces réalités elles-mêmes : c’est particulièrement vrai en matière de spatialités, de politique, de psychisme, de mondialité et de relation à la nature.

Les humains sont une espèce parmi d’autres, une épidémie est un événement historique parmi d’autres. Ce qui se passe en ce moment est relativement banal en tant que processus biologique : un virus endémique dans certaines espèces peut, dans des circonstances aléatoires (mutation, contact inter-espèces), en affecter une autre, affaiblir ou tuer certains de ses membres, diffuser dans une partie de son biotope puis finir par disparaître, jusqu’à la prochaine mutation ou le prochain contact. Quel sera l’impact du Covid-19 ?

On sait qu’il est plus contagieux (l’indice R0 se situerait autour de 2,5) que la grippe saisonnière (1,3), mais moins que la rougeole (12 à 18) ou du rotavirus des gastro-entérites (18). [1]Le taux de létalité du Covid-19 est faible. Si l’on en croit les données sud-coréennes où des tests ont été massivement effectués, le nombre de décès doit être multiplié par 100 pour nous donner une idée du niveau de propagation, soit une létalité de 1%.

L’indicateur le moins biaisé par la diversité des pratiques nationales ou régionales se révèle être la surmortalité par habitant. [2] Dans le ...

Jacques Lévy

Géographe et Urbaniste