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Politique

La pandémie, la survie et l’impossible État européen

Sociologue

Le dépérissement de l’État, sous les coups de boutoir du néolibéralisme, a été sans cesse annoncé. C’est pourtant l’inverse qui se produit à l’occasion de la pandémie, qui accentue la dimension providentielle de l’État. Mais si les épidémies ont toujours fortement contribué à l’institutionnalisation des interdépendances, il semblerait que l’Europe échoue encore une fois à mettre en place des formes de solidarité partagées.

Toute crise aiguë a pour effet une suspension des routines. La crise pandémique que nous vivons a ceci de caractéristique qu’elle les suspend de manière relativement organisée, maîtrisée, cela probablement tant qu’une crise économique ou politique ne vienne s’y additionner. Paradoxalement, ce que la pandémie révèle est la force de l’État alors que sa faiblesse croissante, voire son dépérissement sous les coups de boutoir du néolibéralisme, a été sans cesse annoncée. À cette occasion, l’État ne surgit pas seulement dans sa dimension répressive, dans sa capacité de contraindre le confinement, d’infléchir nos conduites les plus habituelles. Il surgit, indissociablement, dans sa dimension providentielle.

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Danny Trom

Sociologue, Chercheur au CNRS, membre du Laboratoire interdisciplinaire d'études des réflexivités (LIER)  et du Centre d'études juives (CEJ) de l'EHESS