A Analyse

Société

Racisme des policiers ou racisme de la police, d’où viennent les discriminations ?

Sociologue

Ce lundi, le ministre de l’Intérieur a donné une conférence de presse inédite « au sujet de la question du racisme et de la mise en cause des forces de l’ordre », et a tenu à rappeler qu’« il n’y a pas d’institution raciste ou de violence ciblée ». Si quelques annonces ont été faites, elles semblent bien insuffisantes au regard de l’étendue du problème. Au-delà d’une gestion des individus, la police doit se poser la question d’une responsabilité collective, institutionnelle. En quoi le fonctionnement de son organisation tolère-t-il, voire encourage-t-il, des comportements racistes ? Quels objectifs sont-ils assignés à la police ? Des travaux de recherches existent sur ces sujets, il est temps d’en tenir compte.

La mort de Georges Floyd aux États-Unis et ses répercussions dans l’hexagone viennent raviver les questionnements autour d’un problème récurrent et tabou dans la société française, celui des violences policières, et plus particulièrement celles commises à l’encontre de personnes issues de ce qu’on appelle les « minorités ethniques visibles ». Il ne s’agit pas du simple transfert d’une préoccupation américaine dans notre pays, à l’image de ces modes – vestimentaires, alimentaires ou musicales – qui traversent l’Atlantique. Les événements quasi permanents qui émergent au sujet des violences et du racisme policiers en France montrent qu’on a affaire à une dérive structurelle qui touche une partie des forces de l’ordre.

Les « affaires » Traoré, Théo, celle des policiers du

Christian Mouhanna

Sociologue, chargé de recherche au CNRS, directeur du Centre de recherches sur le droit et les institutions pénales (CESDIP)