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Santé

Confinement : une occasion de (re)penser la condition de « reclus » ?

Anthropologue et criminologue, Sociologue

Pendant plusieurs semaines, tout un chacun s’est retrouvé dans la position du « reclus », telle que définie par le sociologue américain Erving Goffman. Mais celles et ceux qui étaient déjà enfermés ont assurément subi une double peine. Dans les prisons, les EHPAD, les hôpitaux psychiatriques, les personnes ont ainsi été autant confinées dans leur processus d’enfermement, qu’enfermées dans la logique du confinement. Cette expérience doit nous inviter à repenser le fonctionnement de ces institutions.

Erving Goffman marqua la sociologie par son étude sur la condition des « reclus » (comme il les nommait) de l’institution psychiatrique. Peu avant son enquête de terrain à l’hôpital Sainte-Elizabeth qui aboutit à la rédaction d’Asiles, il rédigea sa thèse à Paris et fut peut-être indirectement marqué par l’œuvre de Sartre[1], non seulement pour ce qui est des rôles que nous composons dans notre vie quotidienne, mais aussi pour la violence de la promiscuité qui nous confronte à autrui et à son jugement dans nos moindres faits et gestes. « L’enfer c’est les autres », nous dit Sartre dans Huis clos

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Le confinement que nous avons subi invitait tout un chacun à penser sa condition d’homme ou de femme contraint à vivre dans un espace plus ou moins réduit, dans lequel toutes les activités, généralement réalisées dans des espaces différents, furent rassemblées en un même lieu. Pour la majorité d’entre nous, nous avons ainsi pleinem...

Jonathan Collin

Anthropologue et criminologue, chargé de cours à la Haute Ecole Léonard de Vinci et maître assistant en sociologie

Christophe Dargère

Sociologue, chargé de cours à l’Université Lumière Lyon 2 et à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne et chercheur associé au Centre Max Weber,