A Analyse

Rediffusion

La transition climatique sera soit sociale soit anti-démocratique

Ingénieure

Il n’est plus possible d’ignorer la nécessité de croiser sérieusement questions sociales et transition écologique. C’est tout le sens de la convention citoyenne pour le climat, qui a proposé en juin dernier un ensemble de mesures pour une transition écologique à la fois suffisamment rapide pour assurer notre survie et socialement juste. Quels auraient pu en être les critères ? Cinq sphères de la justice sociale peuvent être identifiées afin de préserver une liberté définie comme pouvoir d’agir. Rediffusion du 19 février 2020

La Convention citoyenne livrera bientôt ses conclusions. Composée de 150 citoyens tirés au sort, elle proposera une série de mesures pour atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2030 (par rapport à 1990) « dans un esprit de justice sociale ». Instaurée à la suite Grand débat national, elle est une réponse aux attentes démocratiques autant qu’à la mobilisation montante pour l’urgence climatique.

La chose paraît limpide : l’exaspération sur la taxe carbone des gilets jaunes ne permet plus d’ignorer qu’il faut croiser sérieusement questions sociales et transition écologique. Les classes populaires ne devraient pas subir la double peine d’un éloignement des centres urbains pour cause de logements chers, et d’un abaissement du pouvoir d’achat par taxation carbone d’incontournables trajets en voiture. Est-ce à dire que serait plus juste ce qui compenserait le coût de l’adaptation au changement climatique pour les revenus modestes ? Ou qu’il faut envisager une juste répartition des efforts pour réviser nos modes de consommation entre territoires et classes sociales ? Ou encore qu’il faut financer justement le...

Vanessa Wisnia-Weill

Ingénieure, Experte des politiques sociales dans la haute fonction publique