A Analyse

Economie

L’économie est une affaire trop grave pour la laisser aux (seuls) économistes

Sociologue

L’épidémie de Covid-19 traverse comme une lame de fond la société mondialisée, mettant en péril ce qu’il est convenu d’appeler son « économie ». Contre cette dernière, dévorante, on appelle au retour des « vraies valeurs », celles de l’humain, de la vie, de la santé et de la solidarité. Mais de quoi parle-t-on donc sous le nom d’économie ? Loin d’être le problème, ne serait-elle pas, finalement, la solution du problème posé sous son nom ?

La récente épidémie de Covid-19 a traversé comme une lame de fond la société mondialisée, mettant en péril ce qu’il est convenu d’appeler son « économie ». Elle a suscité en retour une abondante littérature dénonçant le règne de cette économie sur nos vies. Celle-ci a été associée aux figures du productivisme, de l’utilitarisme, du mouvement irraisonné des hommes et des biens. La crise sanitaire a été en conséquence présentée comme un avant-goût d’une plus grave encore crise écologique qui nous menace, en conséquence de la gabegie planétaire de l’économie mondialisée.

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En réponse, on a appelé à plus de modération dans la consommation, à la limitation des échanges, aux circuits courts, à l’autoproduction, que le confinement, imposé un peu partout sur la planète, favorisait provisoirement. La Providence nous envoyait donc, dans notre malheur, un signal de sagesse. Contre l’éco...

François Vatin

Sociologue