Frédéric Keck

Anthropologue, Directeur de recherche au CNRS, directeur du Laboratoire d'anthropologie sociale (EHESS)

Frédéric Keck a étudié la philosophie à l’Ecole Normale Supérieure et à l’Université Lille III, et l’anthropologie à l’Université de Californie Berkeley. Il a publié un ensemble de travaux sur l’histoire de l’anthropologie française dans ses relations avec la philosophie (Comte, Lévy-Bruhl, Durkheim, Bergson, Lévi-Strauss).

Après son entrée au CNRS en 2005, il a effectué des enquêtes ethnographiques sur les crises sanitaires liées aux maladies animales : ESB, SRAS, grippes « aviaire » et « porcine ». Ses travaux, au croisement de l’histoire des sciences, de la sociologie des risques et de l’anthropologie de la nature, portent plus généralement sur les normes de « biosécurité » appliquées aux humains et aux animaux, et sur les formes de prévision qu’elles produisent à l’égard des catastrophes sanitaires et écologiques.

Il est lauréat de la Fondation Fyssen en 2007, médaillé de bronze du CNRS en 2011, fellow du Canadian Institute for Advanced Research en 2015. Il a dirigé le département de la recherche et de l’enseignement du musée du quai Branly entre 2014 et 2018. Il dirige le Laboratoire d’anthropologie sociale depuis le 1er janvier 2019.

Ses publications sur AOC

mardi 13.10.20

Critique

Signaux d’alerte – sur Wuhan ville close de Fang Fang et Un hiver à Wuhan d’Alexandre Labruffe

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Deux écrivains offrent un témoignage sur le vif de la façon dont l’épidémie de Covid-19 a été vécue à Wuhan : Fang Fang et Alexandre Labruffe, respectivement auteurs de Wuhan, ville close et Un hiver à Wuhan, deux journaux au style bref, fragmentaire, propre à suggérer le chaos et le choc qui secoue la population. Que peut la littérature face à une telle crise ? Accumuler les signaux avec « bon sens » et « cœur », décentrer le regard et recentrer le corps, pour qu’une ville comme Wuhan devienne à nouveau habitable.

samedi 06.06.20

Entretien

David Napier : « Nos conceptions des maladies sont culturellement construites »

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Dans ses travaux sur l’immunologie et les pratiques culturelles face à la maladie, l’anthropologue médical David Napier montre ce qui relie profondément les épidémies et la xénophobie. Lorsqu’on conçoit les virus comme des envahisseurs étrangers, on n’apprend rien de l’expérience de la pathologie. Le débat politique rejoint ici le débat immunologique, changer les métaphores populaires de l’invasion virale et de la protection du soi contre le non-soi reviendrait à influencer le débat sur l’immunité, et inversement.

lundi 27.04.20

Critique

Guerre d’occupation et morts en série – sur La Peste d’Albert Camus

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Alors que Camus utilise la peste comme une métaphore pour penser la guerre et que nous utilisons la guerre comme une métaphore pour penser l’épidémie de Covid-19, le problème est le même en 1947 et aujourd’hui : comment utiliser les ressources de l’imaginaire pour nous préparer à la réalité du retour cyclique des catastrophes ? Comment « imaginer Sisyphe heureux » au temps des pandémies ?

mardi 24.03.20

Analyse

Les « sentinelles des pandémies », entre concurrence et solidarité

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Le débat sur le niveau de préparation des États face aux pandémies fait rage, opposant notamment les pays occidentaux mauvais élèves aux pays asiatiques premiers de classe. Depuis la crise du SRAS en 2003, cette mise en concurrence est encouragée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les « sentinelles » comme Hong Kong, Singapour, Taïwan et Wuhan, rivalisent pour détecter le plus rapidement possible les signaux précoces des pandémies. Un mélange de concurrence et de collaboration scientifique qui n’exclut toutefois pas la solidarité.