François Hartog

Historien, Directeur d'études à l'EHESS

Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), François Hartog enseigne l’historiographie ancienne et moderne. Il a succédé à Jean-Pierre Vernant à la direction du Centre Louis Gernet de recherches comparées sur les sociétés anciennes et est membre du Centre de recherches historiques. Il a été président par intérim de l’EHESS en 2012. Marquée par d’incessants allers-retours entre passé et présent, son œuvre mêle étroitement histoire intellectuelle de la Grèce antique, historiographie et étude des formes historiques de temporalisation (ses travaux les plus récents). Il a largement contribué à la formation et à la diffusion du concept de « régime d’historicité » (cf. son livre éponyme) qu’il définit comme un « mode d’articulation des trois catégories du passé, du présent et du futur ». Ses recherches mettent en lumière l’épuisement contemporain du « régime moderne d’historicité », porté par une prévalence de l’avenir et une croyance en l’histoire, au profit de ce qu’il propose d’appeler le « présentisme » : un rapport au temps dans lequel le présent devient la catégorie dominante, et qui privilégie la mémoire (traces laissées dans le présent par des passés successifs) à l’histoire (reconstruction et mise à distance de ces passés). (bibliographie reprise sur l’excellent site Politika où l’on peut voir ici un long entretien avec François Hartog).

Ses publications sur AOC

mardi 04 .12

Analyse

Face au présent

par François Hartog

Faire face au présent, le diagnostiquer, c’est aussi percevoir qu’il n’y a pas qu’un seul présent, le même pour tous, mais des présents. Et, de plus en plus, ces présents sont désaccordés. L’économie est en marche, mais tout le monde ne peut la suivre : les plus pauvres s’appauvrissent ; les ressources terrestres s’épuisent. Cela nourrit des mouvements de repli, de refus, de colère.