François Hartog

Historien, Directeur d'études à l'EHESS

Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), François Hartog enseigne l’historiographie ancienne et moderne. Il a succédé à Jean-Pierre Vernant à la direction du Centre Louis Gernet de recherches comparées sur les sociétés anciennes et est membre du Centre de recherches historiques. Il a été président par intérim de l’EHESS en 2012. Marquée par d’incessants allers-retours entre passé et présent, son œuvre mêle étroitement histoire intellectuelle de la Grèce antique, historiographie et étude des formes historiques de temporalisation (ses travaux les plus récents). Il a largement contribué à la formation et à la diffusion du concept de « régime d’historicité » (cf. son livre éponyme) qu’il définit comme un « mode d’articulation des trois catégories du passé, du présent et du futur ». Ses recherches mettent en lumière l’épuisement contemporain du « régime moderne d’historicité », porté par une prévalence de l’avenir et une croyance en l’histoire, au profit de ce qu’il propose d’appeler le « présentisme » : un rapport au temps dans lequel le présent devient la catégorie dominante, et qui privilégie la mémoire (traces laissées dans le présent par des passés successifs) à l’histoire (reconstruction et mise à distance de ces passés). (bibliographie reprise sur l’excellent site Politika où l’on peut voir ici un long entretien avec François Hartog).

Ses publications sur AOC

mercredi 27.01.21

Analyse

Le Covid et le temps : « Who is in the driver’s seat » ?

par

Depuis un an, l’irruption du Covid-19 et sa propagation rapide ont bouleversé nos temporalités quotidiennes. Le virus s’est imposé en maître impérieux du temps et la courte histoire de l’épidémie pourrait être représentée comme celle d’une succession de batailles pour en reprendre le contrôle. Il en va ainsi de la mise en œuvre des confinements, des couvre-feux et, dernièrement, de la campagne de vaccination. Mais la découverte des variants relance doutes et inquiétudes : par ses capacités à muter sans cesse, le virus a inévitablement un coup d’avance, et nous, un coup de retard.

mercredi 01.04.20

Analyse

Trouble dans le présentisme : le temps du Covid-19

par

La pandémie est aussi un bouleversement du temps, elle a pour premier effet de suspendre peu à peu le présent de la vie ordinaire. Le temps de la maladie s’impose comme celui de l’urgence, de la guerre, mais aussi paradoxalement comme celui incroyablement long de l’anthropocène. La crise actuelle pourrait bien ouvrir sur un temps nouveau.

mardi 25.12.18

Analyse

Face au présent

par

Faire face au présent, le diagnostiquer, c’est aussi percevoir qu’il n’y a pas qu’un seul présent, le même pour tous, mais des présents. Et, de plus en plus, ces présents sont désaccordés. L’économie est en marche, mais tout le monde ne peut la suivre : les plus pauvres s’appauvrissent ; les ressources terrestres s’épuisent. Cela nourrit des mouvements de repli, de refus, de colère. Rediffusion d’hiver.

mardi 04.12.18

Analyse

Face au présent

par

Faire face au présent, le diagnostiquer, c’est aussi percevoir qu’il n’y a pas qu’un seul présent, le même pour tous, mais des présents. Et, de plus en plus, ces présents sont désaccordés. L’économie est en marche, mais tout le monde ne peut la suivre : les plus pauvres s’appauvrissent ; les ressources terrestres s’épuisent. Cela nourrit des mouvements de repli, de refus, de colère.