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Littérature

L’amour d’un être mortel et le journal de vie de Jean-Michel Espitallier

Critique

Pour aborder la mort, l’amour, le deuil, le poète et écrivain Jean-Michel Espitalier décortique le temps de La Première année où tout ne se vit plus que dans la sidération et l’émotion de cet événement irréversible, exceptionnel et si normal: la mort de l’être aimé. Que faut-il faire pour que, pour de vrai, la mort continue à faire exister ce qui n’existe plus ?

Il y a avant, il y a après. Lors d’une seconde, et même d’une fraction minuscule de seconde, le cœur d’un être mortel s’arrête et alors le sang qui coulait s’arrête, l’air qui passait dans le sang s’arrête, la peau où circulait sang et air se fige. Cet avant/après impossible, absolu, irreprésenté, fou, La Première Année, du poète et écrivain Jean-Michel Espitallier, l’explore avec concentration, millimétriquement, pas à pas, traversant l’épreuve de la sidération et de la présence de l’absence.

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Il y a les quelques semaines précédant la mort de Marina sa compagne, et puis il y a l’année d’après (de deuil, dit-on) : le récit s’organise ainsi simplement, avec évidence. Et entre les deux il y a cette fraction de seconde, terriblement abstraite, de la fin et de l’arrachement. Le décès a lieu à l’hôpital, après deux semaines d’agonie et cinq ans d’un cancer du sein, dans la nuit, à 1h58. « Mardi 3 février, 1h20. Je me suis réveillé, je t’ai encore parlé, e...