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Cinéma

Raviver les âmes – à propos de Viendra le feu d’Oliver Laxe  

Critique

Viendra le feu, le dernier film d’Oliver Laxe, prix du jury dans la sélection un certain regard lors du dernier festival de Cannes, sort à un moment où le « thème » du feu a innervé nombre de productions théoriques et artistiques. Il parvient à subtilement déplacer son sujet en donnant son attention à l’âme plus qu’à la flamme, en posant sa caméra sur l’austérité rugueuse de la vie rurale, sur son mutisme sec et tranquille, plutôt que sur la flamboyance grandiloquente du brasier.

Impossible de voir Viendra le feu, dernier film d’Oliver Laxe, sans tenir compte d’une actualité qui voit les mégafeux se multiplier, au point de s’interroger, devant le fait des flammes et son appréhension par les champs de l’art et de la pensée : y a-t-il un « moment feu » ? Ce troublant kairos exacerbe l’intérêt et la beauté âpre du film, à la fois ode aux puissances naturelles, à leurs intensités imprévisibles, et portrait inactuel de la difficulté de vivre.

Bien qu’il s’empare d’un objet brutalement contemporain, Viendra le feu a l’élégance de parler de l’incendie tout en parlant d’autre chose, de susciter une attente et de la désamorcer, en faisant du feu une figure à la fois centrale et, jusqu’à un certain point, lointaine. Le « thème » du feu a, ces derniers mois, innervé nombre de productions théoriques et artistiques (1) – autant de tentatives d’apprivoiser la prolifération des incendies dévastateurs, ravageurs d’écosystèmes comme d’architecture, en Californie, e...