C Critique

Littérature

Un livre blanc, désert, déserté – à propos de Dénicheur d’oursons de Jean-Baptiste Harang

Critique littéraire

Dénicheur d’oursons est le récit d’un échec, celui du romancier dont l’ambition littéraire est fatalement condamnée par l’inachèvement. Par cette curieuse mise en abyme, Jean-Baptiste Harang trace des lignes entre les incapacités de l’écrivain et les tragédies de la vie personnelle, à travers un récit suspendu et mélancolique.

L’idée directrice d’un livre, d’un roman plus précisément, peut-elle être en même temps son idée destructrice ? À cette étrange, et peut-être désespérante question, Jean-Baptiste Harang répond oui, trois fois oui. Puis, tenant bien en main cette double idée, il ne la lâche plus – du moins dans ce livre un peu perturbant et volontairement, consciencieusement, obstinément tiré par les cheveux qu’il soumet aujourd’hui à notre lecture.

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S’il fallait lui trouver un genre, à ce Dénicheur d’oursons, ce pourrait être « fantaisie mélancolique » ou  « variation sur la fin du jour ». En même temps, sans vouloir froisser l’auteur en le ramenant dans la meute des littérateurs, cette question – très blanchotienne – de la négativité, de l’impossibilité, de la l’absence du roman en son sein-même, au creux de chacune de ses pages, à l’état de menace ou de sombre et jubilatoire consentement, il n’est ni le premier ni le dernier à la poser. Et si...

Patrick Kéchichian

Critique littéraire, Écrivain