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Littérature

No borders – sur Apeirogon de Colum McCann et Le Monde selon Joseph Conrad de Maya Jasanoff

Critique

Face à l’essor des nationalismes, Le Monde selon Joseph Conrad de Maya Jasanoff et Apeirogon de Colum McCann célèbrent tous deux l’ouverture à l’altérité en brouillant et outrepassant les frontières des genres littéraires qu’ils adoptent. Celui-ci retrace l’histoire d’un Israélien et d’un Palestinien réunis par un deuil impossible dans un récit aux multiples facettes, tel l’apeirogon. Celui-là l’histoire du grand écrivain et marin, Joseph Conrad, entre écriture biographique et récit de voyage. Mot d’ordre : « No borders ».

« La forme esthétique est du contenu sédimenté. » Le postulat d’Adorno, énoncé dans sa Théorie esthétique contre la séparation forme/fond si pratique dans les classes de lycée et si propice à servir toutes les manipulations, est devenu de plus en plus utile à mesure que l’industrie culturelle s’est développée en une gigantesque entreprise de fabrication de formes artistiques à rentabilité maximale. La forme produit du sens autant que le supposé message qu’elle contient et véhicule.

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Un sonnet dit quelque chose en soi, par son être-sonnet, un opéra aussi. Pas moins qu’une série Netflix ou un rap de la côte Ouest – références qu’Adorno pardonnerait difficilement. Quoiqu’il en soit, les réceptions aux œuvres seront particulières et orientées dès l’abord de l’œuvre.

Lorsque la littérature veut évoquer l’abolition des frontières, elle ne saurait procéder sans que sa forme n’en exprime l’élan. Deux parutions ...

Alexis Nouss

Critique, Professeur en littérature générale et comparée