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Société

Lois de bioéthique : où sont les femmes ?

Politiste

Qu’y a-t-il pour les femmes dans les Etats généraux de la bioéthique ? Directement concernées par ce débat, les femmes sont pourtant loin d’être seules à s’y exprimer : c’est toute la société française qui est invitée à se pencher sur leur corps et leur choix de vie. Pourtant, la liberté démocratique ne consiste pas seulement à participer à une consultation, mais aussi à pouvoir définir soi-même les termes du débat.

Les États généraux de la bioéthique ouverts le 18 janvier dernier sont la première étape d’une révision générale des lois de bioéthique prévue par la loi de 2011. Organisés par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), l’instance consultative qui éclaire le législateur et le gouvernement sur ces matières complexes et disputées, ils remettent en jeu les multiples questions que les avancées de la science et des techniques médicales posent à l’opinion publique, dont les conceptions diverses du juste, du bon et de l’acceptable ont beaucoup évolué depuis les premières lois de bioéthique de 1994. Des sondages récents dessinent ainsi un libéralisme marqué, favorable à l’expression d’une liberté plus grande de l’individu-e sur son corps, des origines de la vie à la mort, et sur les formes sociales d’accueil de la vie (familles monoparentales et homosexuelles).

Muriel Rouyer

Politiste, Professeure à l'Université de Nantes