O Opinion

Environnement

Il faut sortir du déni écologique

Philosophe

Les nouvelles prévisions en matière de changement climatique s’orientent vers le scénario du pire, et l’objectif d’un réchauffement limité à 2° semble de plus en plus inatteignable. Pour faire face à ce qu’il faut bien appeler une accumulation de représentations décalées et d’inertie, il nous faudrait procéder à une ambitieuse remise à jour institutionnelle, que rien n’annonce.

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La manière dont nous nous représentons le monde est nécessairement mal ajustée. Eu égard aux flux qui le façonnent nous sommes comme des soldats ne percevant d’un conflit en cours que le tumulte autour d’eux, et cherchant néanmoins à en inférer l’issue finale de la bataille. Il y a là un état de fait indépassable, une marque de la condition humaine. Mais il en va cependant autrement quand l’écart entre représentations et réalité s’accroît au point de devenir dangereux et destructeur. Et ce phénomène peut se produire de deux façons, soit lorsque les représentations excèdent de loin le réel, soit lorsqu’elles conduisent à sous-estimer jusqu’à la dénégation des pans entiers de la réalité. Le transhumanisme illustre à merveille cette logique discursive où la promesse se substitue au réel au point de le masquer. Quant aux facteurs écologiques, ils semblent prédestinés à une forme effective et quasi ...

Dominique Bourg

Philosophe, Professeur ordinaire à la Faculté des géosciences et de l'environnement de l'Université de Lausanne