O Opinion

Urbanisme

À Paul Virilio, missive d’outre-tombe

Philosophe

Paul Virilio, penseur du progrès et de ses risques, du temps et de l’espace, est décédé le 10 septembre dernier. Dans cette lettre ouverte, le philosophe Thierry Paquot rend hommage au « révélationnaire » et établit la « Loi de Virilio » qui s’énonce ainsi : tout progrès génère son accident.

Cher Paul,
Combien de fois, ces dernières années, ai-je tenté de te téléphoner à La Rochelle sans succès ? Puis, lors d’une soutenance de thèse à l’université Fernand Braudel, je suis allé, comme d’habitude, faire les bouquinistes et là j’ai trouvé certains de mes livres que je t’avais dédicacés, la libraire que je questionnais m’a confié avoir acheté une partie de ta bibliothèque après la mort de ta femme et ton départ pour une maison de retraite dans la banlieue parisienne. Elle n’en savait pas plus. Elle m’a montré des dizaines de livres consacrés à Jean-Paul II, homme que tu admirais énormément, je me souviens que tu te rendais à ses rendez-vous destinés à la jeunesse… Et puis aussi bien sûr des ouvrages de tes amis, dont Jean Duvignaud. J’ai acheté le premier numéro de votre revue Cause Commune en grand format, ce que j’ignorais, pensant qu’elle était parue directement en format poche chez 10/18.

À plusieurs reprises Jean Duvignaud m’a raconté l’élaboration des numéros, la complicité entre vous deux et Georg...

Thierry Paquot

Philosophe, Professeur émérite à l'École d'urbanisme de Paris