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Empathie, bons sentiments et mauvaise politique

Universitaire et responsable politique

De Laurent Berger à Alain Juppé, en passant par nombre d’éditorialistes, des voix diverses se sont récemment élevées pour demander au président de la République qu’il fasse désormais preuve d’empathie. Mais ce que reprochent les « gilets jaunes » à Emmanuel Macron n’est pas d’être incapable « de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent » mais de mener une politique qui ne traite pas plus la question de l’injustice sociale, qu’elle n’apporte de solution à la question démocratique, vue comme une condition de résolution de la première.

Plus de trois semaines après le démarrage de la crise des Gilets Jaunes, tandis que cette dernière ne cessait de s’amplifier, nombreux furent ceux qui lancèrent des appels pressants au Président de la République, l’enjoignant de prendre la parole. Ecoutons-les et nous entendrons alors une curieuse musique dont l’un des refrains essentiels est construit autour de la notion d’« empathie ».

Les Français attendent du président Macron un « discours d’empathie » face à leurs difficultés, estimait ainsi le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger. Emmanuel Macron doit « tenir un discours d’autorité, mais aussi de compréhension, d’empathie », affirmait Alain Juppé. « 

Isabelle This Saint-Jean

Universitaire et responsable politique, Professeure à l'université Sorbonne Paris-Nord, membre de la Direction collégiale et secrétaire nationale du PS