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Ne pas être vivant, le devenir

Biologiste

Qu’a la biologie à nous apprendre sur l’être vivant ? Les infravies nous en disent long, elles qui interrogent les impasses de nos a priori et redonnent sens, parallèlement, aux intuitions dont notre langage est le meilleur manifeste. Renoncer à la conception de l’être comme machine, c’est s’extraire d’un individualisme illusoire, repenser l’alternative bioéthique sous des critères épistémiques, et redécouvrir, enfin, la vie comme source buissonnante de possibles, que n’épuisent ni catégories ni fatalisme. Un article publié à l’occasion de la Nuit des idées 2020 dont le thème est « Être vivant ».

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Attendre d’un biologiste qu’il aide à comprendre ce que veut dire « être vivant » semble la moindre des choses. Le vivant est supposé être son territoire, son champ d’observation, sa légitimité. Pourtant, l’affaire est moins simple que ce qu’il n’y paraît.

Tout d’abord, parce qu’ « être vivant » est avant tout, quand on y pense à la première personne, une question existentielle, qui se fonde sur une expérience intime, un ressenti unique. Rien ne permet de dire que ce que chacun ressent comme une forme de vitalité propre soit comparable. Le biologiste, lui, est à peu près en mesure, et c’est un travail de longue haleine, de trouver un plus p...

Thomas Heams

Biologiste, Maître de conférences en génomique fonctionnelle animale à AgroParisTech et chercheur à l'INRA