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Il faut défendre le Conseil national des universités

Professeure de littérature américaine

Nombreux sont ceux qui aujourd’hui regardent le Conseil national des universités comme un organe obsolète. Ils ajoutent que sa suppression serait toutefois vécue par les enseignants comme une « hérésie ». Le choix des mots n’est pas anodin : défendre le CNU n’est pas être un censeur orthodoxe, réaffirmant une foi doctrinale qui se passerait d’arguments – en voici quelques-uns, qui ne sont pas des moindres.

Le serpent de mer de la suppression du Conseil national des universités (CNU) revient à intervalles réguliers et s’inscrit le plus souvent dans le contexte d’une transformation radicale de l’Université et du statut des enseignant.e.s-chercheur.e.s, quelles que soient les dénégations des promoteurs de la disparition de cette instance nationale.

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Au moment où les enseignant.e.s-chercheur.e.s et les chercheur.e.s affirment avec force leur attachement à des instances d’évaluation composées majoritairement d’élu.e.s, il n’est sans doute pas anodin que le CNU soit à nouveau la cible de voix marginales. Il n’est sans doute pas anodin non plus que cette nouvelle charge intervienne au moment où se tiennent les sessions de qualification et d’attribution du trop faible nombre de CRCT (Congés pour recherche et conversion thématique) aux enseignant.e.s-chercheur.e.s qui en demandent. Plusieurs éléments de cette mise en cause du CNU sont discutables : les éléments de langage, la mise en cause de la procédur...

Sylvie Bauer

Professeure de littérature américaine, Université Rennes 2