O Opinion

International

Dans la marée de l’incertitude, une lettre de Wuhan

Écrivaine

En janvier 2020, l’écrivaine chinoise Fang Fang commence à raconter ce qui se passe à Wuhan, où elle réside. Elle écrit son quotidien, et ses inquiétudes. Son « journal de confinement » est lu par des millions de Chinois sur les réseaux sociaux. Mais très vite son compte Weibo est bloqué. La situation s’aggrave lorsque des éditeurs occidentaux la contactent pour publier ses textes – on l’accuse alors de trahir son pays. Elle revient sur son combat, ses incertitudes persistantes, mais aussi son espoir pour l’avenir.

À l’automne 2018, j’ai pris ma retraite. J’ai commencé à toucher une pension et surtout, j’ai pu passer plus de temps chez moi, l’esprit tranquille, à lire, écrire, jardiner, et partir de temps à autre en voyage. Grâce à quarante ans de politique de réforme et d’ouverture, nous profitons en Chine de conditions de vie de plus en plus agréables si bien qu’avec ma pension de retraite et mes droits d’auteur, je me préparais à passer mes vieux jours de manière paisible et confortable.

publicité

Je m’imaginais vivre les années à venir dans une forme d’insouciance et de liberté, sans que rien ne puisse plus se présenter pour troubler cet équilibre. à la belle saison, nous partirions en voiture, entre amis, explorer quelque nouvel endroit, et les gens que nous rencontrerions comme les lieux que nous visiterions nourriraient l’écriture de mes prochains romans. Jour après jour, tout était réglé comme du pa...

Fang Fang

Écrivaine