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Société

Racisme, le déni français

Politiste

Le président de LR, Christian Jacob, affirmait dimanche dernier sur France 5 : « on n’a pas de police raciste, ça n’existe pas ». Pourtant, les sciences sociales ont bien montré ces dernières années la présence du racisme dans la police, et la sociologie électorale indique même un vote majoritaire pour le Rassemblement National chez ses fonctionnaires. Pourquoi alors ce déni ? Il tient au refus de reconnaître la race, non comme réalité biologique bien sûr, mais comme construction sociale qui, de fait, classe les personnes.

Comme son homologue américain, la police française tue par asphyxie les jeunes racisés des classes populaires. Les policiers surarmés qui commettent de tels crimes représentent un danger pour la société dans son ensemble. Les fondements de la démocratie vacillent au risque de s’écrouler quand un système politique permet aux dépositaires de la « violence légitime » de se faire justice, de tabasser, de violenter selon leur bon vouloir.

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Dans toute autre profession, de telles fautes lourdes et un tel manque de professionnalisme entraineraient une mise à pied, un licenciement et des poursuites pénales immédiates. La police française serait-elle au-dessus des lois ? À la violence physique vient s’ajouter la violence symbolique : les insultes racistes et les vexations (contrôles au faciès à répétition) font partie du répertoire de la police, une sorte d’atavisme culturel policier.

Les enquêtes scienti...

Philippe Marlière

Politiste, Professeur de science politique à University College London