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Moria, à l’abandon du monde

Ecrivain

Sur l’île de Lesbos (Grèce), le camp de Moria a été totalement détruit par le feu qui s’y est déclenché mercredi. Il accueillait plus de 12 000 réfugiés. L’écrivaine Marie Cosnay, qui s’y était rendue, livre pour AOC sa réaction, nourrie des informations reçues via Whatsapp de la part de celles et ceux avec lesquels elle a gardé contact.

Mother, I am left.
Mother, mother, fire.
Help, help.

Mustafa, dix-huit ans, rencontré au mois de février dans le camp de Moria, appelle au secours. Il le fait, sur Whatsapp, dans la nuit. Mercredi 9 septembre, entre trois et quatre heures. Je ne comprends pas. Sur la première vidéo, des enfants masqués se faufilent sur un chemin en poussant des cris. Disciplinés malgré tout, l’heure est grave. Ils s’éclairent des lampes torches de leurs téléphones. On entend des explosions. Les enfants sursautent, crient. Ils se reprennent, se guidant mutuellement. On les voit de dos à présent, certains portent des sacs à dos. Mustafa filme, il prend le temps. Plan plus large. Les immenses flammes, rouges, les montagnes de fumée noire sur le noir de la nuit. Retour à la cohorte des exilés : sacs immenses à la main, sacs poubelles, certains poussent des valises.

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Mustafa, en février, espérait ...

Marie Cosnay

Ecrivain, Traductrice