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Liban, la nausée

Romancière

Depuis la double explosion survenue le 4 août dans le port de Beyrouth, le Liban fait naufrage. Pour l’observatrice attentive, c’est la nausée qui domine, produit de l’addition d’humiliations, de manipulations et de mensonges qu’il faut donc s’efforcer de démêler. Car cette maladie qui consiste à détruire pour aller vite et s’imposer, à se détruire pour avancer, connaît certes ici ses symptômes les plus virulents. Mais elle est mondiale. Le Liban est son cluster : son foyer de contagion le plus dense, le plus saturé.

La défaite c’est la perte d’une guerre, d’une bataille. Le Liban n’a perdu ni guerre ni bataille, il s’est perdu. On l’a perdu. Dedans comme dehors. Il suffit de le regarder physiquement : il est défiguré.

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Cette maladie qui consiste à détruire pour aller vite et s’imposer, à se détruire pour avancer, connaît certes ici ses symptômes les plus virulents. Mais elle est mondiale. Le Liban est son cluster : son foyer de contagion le plus dense, le plus saturé. La clique libanaise au pouvoir bat des records de pourriture, mais elle ne dit pas tout. Loin de là. Elle n’est que la partie visible d’un magma de mensonges aux ramifications insondables. Ne parler que d’elle c’est ignorer le magma dont nous faisons partie : « nous », la société confessionnelle libanaise. Nous, les habitants grégaires de la planète. C’est surtout ignorer le mal régional dont ce magma libanais découle. C’e...

Dominique Eddé

Romancière, essayiste