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Société

Que faire de nos indignations ?

Haut fonctionnaire

Pris dans un flux continu de violence, de réformes, de décisions que nous ne comprenons pas mais qui changent nos vies, il semble ne nous rester que l’indignation. Une simple énumération subjective et non-exhaustive des sujets qui nous ont occupés au cours des trois dernières semaines montre qu’il est impossible pour un citoyen dont ce n’est pas le métier, de suivre la vie publique autrement qu’à travers ses émotions. Pourtant, la somme de nos indignations ne fait ni un projet ni un programme permettant de nous rassembler vers des buts communs et il est urgent de tenter malgré tout quelques propositions.

En 2010, Stéphane Hessel nous appelait à nous indigner avec un petit manifeste qui connut un immense succès, l’indignation étant pour lui le premier pas vers la résistance. Son expérience lui avait enseigné que la résistance pouvait produire un programme politique, celui du Conseil national de la Résistance, aussi peu lu aujourd’hui qu’il est fréquemment invoqué.

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Hélas, ne nous reste que l’indignation. Nous sommes tous indignés pour des raisons diverses et parfois contradictoires, mais nos indignations multiples ne font ni un projet ni un programme permettant de nous rassembler vers des buts communs. Elles nous étouffent.

Bousculés par ce flux continu de violence, de réformes, de décisions que nous ne comprenons pas mais qui changent nos vies, nous réagissons avec nos tripes plus qu’avec notre cerveau et cette succession d’emportements sans direction ferme nous laisse soit hagards et désorientés, soit vindicatifs et enfermé...

Jean-François Collin

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