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économie

Penser le « monde d’après » à partir de trois piliers du « monde d’avant »

Juriste

Les campagnes de vaccination actuelles montrent à quel point la santé publique est dépendante de l’industrie pharmaceutique, et donc d’intérêts privés, ce qui ne va pas sans poser un certain nombre de problèmes d’un point de vue éthique… À l’avenir, si l’on veut bâtir concrètement un « monde d’après » plus juste, il faut que nous reconsidérions plusieurs piliers du « monde d’avant » : le libre marché, le droit de propriété et la concentration de capitaux.

Le coronavirus nous invite à réfléchir à ce qui, dans le monde d’avant, devrait être reconsidéré si on veut être mieux armé pour affronter d’autres catastrophes et rendre ainsi nos sociétés plus résilientes. Parmi les fondamentaux du monde d’avant à reconsidérer, il y en a au moins trois que met en lumière la question des vaccins contre le virus SARS-CoV-2 et ses variants.

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Le premier des principes fondamentaux du monde d’avant, que montrent les vaccins, c’est à quel point les populations du monde sont, pour une part importante de leur survie, sous le pouvoir de quelques sociétés. Or ce pouvoir s’exerce non avant tout en fonction des intérêts de ces populations, mais plutôt en considération d’un marché profitable. Ce qui est en jeu, vu du côté de l’industrie pharmaceutique, c’est la force du pouvoir de l’offre face à une demande vitale, alors que, vu du côté de la population, c’est...

François Collart Dutilleul

Juriste, Professeur émérite de droit