A Analyse

Enseignement supérieur

Les femmes de l’ESR : minorées, invisibilisées, mais désormais mobilisées

Politiste

Alors que les historiennes et les philosophEs se mobilisent, la question de l’invisibilisation des femmes dans l’enseignement supérieur et la recherche doit être posée à nouveaux frais. Pour en finir avec l’hypothèse de « l’auto-censure », qui dédouane ceux qui la professent, il faut défaire les injonctions à l’hyper-compétition et à l’ultra-flexibilité qui contribuent à la minoration des femmes dans l’université.

Après l’appel retentissant des historiennes qui jetaient le pavé de la sous-féminisation de leur discipline dans la mare de Blois, ce sont les philosophEs qui se sont mises à compter leurs rangs, ajoutant leurs voix à celles de leurs collègues et sœurs de misère. Dans les deux cas, une même déploration : d’un côté, la trop lente féminisation du corps académique, de l’autre, la trop faible reconnaissance des travaux féminins.

Nul doute que d’autres appels suivront tant il est vrai que cette situation caractérise le champ scientifique dans sa globalité : partout dans l’enseignement supérieur et la recherche (ESR), les femmes sont sous-représentées, minoré...

Camille Froidevaux-Metterie

Politiste, Professeure de science politique à l’Université de Reims Champagne-Ardenne et membre de l'Institut Universitaire de France