Camille Froidevaux-Metterie

Philosophe, Professeure de science politique et chargée de mission égalité à l’Université de Reims Champagne-Ardenne
Camille Froidevaux-Metterie est une philosophe féministe, professeure de science politique et chargée de mission égalité-diversité à l’Université de Reims Champagne-Ardenne. Elle consacre ses recherches aux mutations de la condition féminine consécutives au tournant de l’émancipation féministe. Elle les aborde dans une perspective phénoménologique qui place le corps au centre de la réflexion. 
Après Le corps des femmes. La bataille de l’intime (2018), ouvrage dans lequel elle rendait compte de ce mouvement de réappropriation par les femmes de leur corps qu’elle appelle le « tournant génital du féminisme », elle publie en mars 2020 un nouveau livre, Seins. En quête d’une libération (Anamosa), qui présente les résultats d’une enquête sociologico-photographique réalisée auprès d’une quarantaine de femmes interrogées au prisme de leurs seins. Au même moment, La révolution du féminin, ouvrage programmatique de son féminisme incarné paru en 2015 chez Gallimard, est réédité en poche augmenté d’une préface inédite (Folio Essais).

Ses publications sur AOC

mardi 23.06.20

Opinion

La revanche du corps

par

En faisant disparaître les visages et en maintenant l’éloignement des corps, le déconfinement progressif retarde douloureusement le retour à la normalité relationnelle de nos existences, dont nous avons été privés au début de la crise. L’intersubjectivité, rendant possible notre propre subjectivité, est entravée. Nous réalisons alors intimement que, n’en déplaise au mythe néo-libéral, nos corps ne sont pas de simples outils, mais bien le lieu et la condition même de notre être-au-monde.

mardi 21.04.20

Analyse

Le poids des émotions, la charge des femmes

par

L’épidémie de Covid-19 est l’occasion de mettre en évidence le « travail émotionnel » effectué au quotidien par les femmes, que ce soit professionnellement ou dans la sphère privée. C’est à elles qu’incombe presque exclusivement la gestion de ces émotions qui ont été marchandisées et standardisées à mesure que les métiers du care se sont développés. Les conséquences de la crise sanitaire sur la santé mentale de toutes celles qui supportent le poids des émotions risquent d’être incommensurables.

mercredi 22.05.19

Analyse

Liberté, égalité, sexualité

par

Sommes-nous en train de vivre une véritable révolution sexuelle ? La question peut surprendre, tant l’expression est associée à mai 68. Mais après la réappropriation des corps, par la conquête du droit à la contraception et à l’avortement, se profilent d’autres enjeux de lutte : contre les violences, contre un système sexuel hétérocentré, pour le plaisir. La question est éminemment politique, elle annonce un monde nouveau, où les individus vivraient une sexualité gratifiante et épanouissante parce qu’enfin libre et égalitaire.

jeudi 10.01.19

Opinion

À l’homme qui n’aimait pas les femmes de cinquante ans

par

En déclarant être « incapable d’aimer une femme de 50 ans », Yann Moix n’a pas fait état d’un désir singulier, il a commis un acte politique. Si l’injustice de la hiérarchisation des corps et la dévalorisation des femmes de plus de cinquante ans est largement enracinée socialement, cette déclaration révèle un processus de mise de côté, voire l’invisibilisation de ces femmes à travers l’un des derniers tabous de notre temps, celui de la ménopause.

mardi 23.10.18

Analyse

Les femmes de l’ESR : minorées, invisibilisées, mais désormais mobilisées

par

Alors que les historiennes et les philosophEs se mobilisent, la question de l’invisibilisation des femmes dans l’enseignement supérieur et la recherche doit être posée à nouveaux frais. Pour en finir avec l’hypothèse de « l’auto-censure », qui dédouane ceux qui la professent, il faut défaire les injonctions à l’hyper-compétition et à l’ultra-flexibilité qui contribuent à la minoration des femmes dans l’université.