Economie

Les universitaires peuvent-ils changer les entreprises ?

Professeure de Sciences de Gestion

L’influence réelle des sciences de gestion sur l’entreprise reste sujet à débat. Mais après tout est-ce vraiment leur objectif ? L’irruption des questions sociales et écologiques, les interrogations sur la légitimité de l’entreprise ont ouvert des perspectives pour une recherche critique qui se donne pour projet de produire non pas une connaissance pour le management mais une connaissance du management.

Les universitaires peuvent-ils changer les entreprises ? Une chose est sûre, cette question ne laisse pas la communauté académique en sciences de gestion indifférente. Elle est même au cœur de nombreux débats sur la nécessité d’améliorer la visibilité, le rayonnement et la sphère d’influence des recherches de cette discipline jugée, par ceux qui y appartiennent, trop souvent méconnue, mal comprise, ou pire encore, maltraitée.

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Malgré les cohortes d’étudiants qu’ils forment annuellement au travers d’un réseau dense et diversifié d’institutions d’enseignements supérieurs (universités, grandes écoles de commerce et d’ingénieurs), les enseignants-chercheur.e.s en sciences de gestion souffrent d’un déficit d’image (auprès du grand public, dans les médias, auprès des acteurs socio-économiques et des pouvoirs publics) et d’une défiance à l’égard de leur légitimité scientifique de la part des autres disciplines universitaires et en particulier celles des autres sciences sociales, comme les sciences économiques ou la sociologie. L’importance de cette question fait donc l’unanimité au sein de la communauté gestionnaire, l’enjeu étant d’acquérir une plus forte reconnaissance de son rôle et de son impact auprès de l’ensemble des parties prenantes.

Cependant, derrière cette préoccupation partagée de l’enjeu, c’est un paysage beaucoup moins consensuel qui se dessine quand il s’agit de répondre à la question « les universitaires peuvent-ils changer les entreprises ? ». Apporter une réponse à cette question conduit finalement à séparer le monde – celui des sciences de gestion en tout cas – en deux : le monde du « Oui, assurément » et celui du « Non, hélas pas assez ». Il ne s’agit pas là de diviser la communauté entre les optimistes et les pessimistes –même s’ils existent en sciences de gestion comme ailleurs– car la division dont on souhaite faire état ici n’est pas l’affaire d’évaluation de « verre à moitié plein » à mettre au compte des avancées et des améliorations


[1] Pour une présentation des perspectives critiques en management en France on pourra consulter Golsorkhi, Huault et Leca (2009) et Huault et Perret (2016) sur lesquels le présent texte s’appuie.

Véronique Perret

Professeure de Sciences de Gestion, Professeure de Sciences de Gestion à l'Université Paris-Dauphine

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Notes

[1] Pour une présentation des perspectives critiques en management en France on pourra consulter Golsorkhi, Huault et Leca (2009) et Huault et Perret (2016) sur lesquels le présent texte s’appuie.