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Politique

Quand l’État fait retour (2/2) : la voie libérale-autoritaire

Anthropologue

Malgré l’annonce régulière de sa disparition, l’État fait retour. La raison est simple : il est indispensable au néolibéralisme, ni État minimal du laisser-faire, ni État providence maximal, il fait retour, depuis une troisième voie, selon une conception autoritaire. Après avoir montré que l’État était redevenu un opérateur pertinent pour l’analyse politique du contemporain, Catherine Hass explique pourquoi il ne saurait y avoir de néolibéralisme sans État.

Si les premières années 2000 théorisèrent largement, au nom de la mondialisation, la fin d’une actualité aussi bien politique que problématique de l’État, il semblerait que cette période soit close et que l’État fasse retour, en ordre dispersé. Dire que l’État fait retour, c’est faire l’hypothèse qu’il redevient, dans le champ politique populaire porté par les gens, un enjeu, un lieu de prescriptions et d’organisations nouvelles (Gilets Jaunes en France, Révolutionnaires en Syrie) et, dans le champ savant – sciences humaines et sociales –, un opérateur, une catégorie : il est à nouveau référent pour penser le contemporain.

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C’est ce qu’un certain nombre d’ouvrages publiés ces derniers mois et abordés ici laissent à penser, qu’il s’agisse du statut de l’État dans la guerre et les situations de violences contemporaines (L’État malgré t...

Catherine Hass

Anthropologue, Chercheuse associée au CERNA (Centre d'Économie Industrielle), MINES ParisTech, PSL Research University, chargée de cours à Sciences po Paris.