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Société

Reconnaissance faciale : envisager le portrait

Philosophe et traductrice

De la ville de Nice au stade de Metz, la surveillance par reconnaissance faciale avance à bas bruit dans l’espace public. Dans le même temps, on se trouve de plus en plus confrontés à un pouvoir sans visage, à l’absence d’interlocuteurs identifiables dans de nombreux rapports sociaux et économiques. Entre contrôle des visages d’un côté et absence de visage de l’autre, des questions éthiques se posent : qu’est-ce qu’un visage dit de la personne qui le porte ? Qu’est-ce qu’il engage dans la relation à l’autre ?

La France expérimente différents systèmes de reconnaissance faciale. Elle est le premier pays d’Europe à s’y intéresser d’aussi près. Outre le million et demi de caméras de surveillance « classiques » déjà installées sur l’ensemble du territoire français, certaines municipalités enregistrent les visages et comportements pour alimenter et interroger une base de données.

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Par ailleurs, le ministère de l’intérieur a désormais recours à une application de reconnaissance faciale pour certaines démarches administratives. Alors que la surveillance avance à bas bruit dans l’espace public, on se trouve de plus en plus confrontés à un pouvoir sans visage, à l’absence d’interlocuteurs identifiables dans de nombreux rapports sociaux et économiques. Entre contrôle des visages d’un côté et absence de visage de l’autre, des questions éthiques se posent : qu’est-ce qu’un visage dit de la personne qui le porte ? Qu’est-ce qu’il engage dans la relation à l’autre ?

Le sujet de la reconnaissance faciale est dans le débat public, plusieurs articles so...

Isis Von Plato

Philosophe et traductrice