A Analyse

International

Géopolitique du Covid-19

Géographe

La propagation du virus, qui ne cesse de s’étendre, suit une logique de diffusion très claire : celle de la mondialisation, et plus exactement de la mondialisation urbaine. De Wuhan à Milan en passant par New York et Lagos, un tour du monde du Covid-19 révèle que la pandémie est non seulement une métaphore mais une enfant de la mondialisation. Elle ne fait que mettre ses pas dans ceux des hommes et ne fait que calquer son rythme, sa vitesse de propagation et sa géographie sur ceux de l’humanité mondialisée.

Ce qui frappe, dans le flot de reportages, de tentatives d’explication, d’articles parus jusqu’ici sur le coronavirus, c’est la focalisation sur l’aspect pandémique (nombre de morts, de personnes infectées, extension de la maladie, etc.) ou politique de la crise (mauvaise gestion de la pandémie par les gouvernants italien ou américain, quarantaine stricte comme en Chine ou souple comme en Allemagne, etc.) ainsi que sur « l’après ». En revanche, étrangement, peu de monde semble s’intéresser à la géographie de la pandémie : où est-elle née ? Comment s’est-elle diffusée ? Quels en sont les principaux foyers ? Pourquoi tels pays sont-ils plus touchés que d’autres ? En clair, qu’est-ce que la pandémie nous dit de notre monde ?

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Hormis la compassion qu’on éprouve nécessairement devant les drames qui se nouent sous nos yeux en Italie, en Espagne et...

Boris Grésillon

Géographe, Professeur à l'Université Aix-Marseille, Senior Fellow de la fondation Alexander-von-Humboldt (Berlin)